Santiago : interview de Henri Bugnet de Regalbox

Bonjour à tous,

logo regalboxVoici mon premier article de la série « Santiago », ville fameuse pour son programme « Startup Chile » maintenant copié par d’autres pays dont le Brésil. Nous retrouvons Henri Bugnet, un français expatrié qui nous parle de son parcours, son entreprise (Regalbox) et de l’écosystème entrepreneurial et startup du Chili et plus spécifiquement de Santiago.

Peux-tu te présenter ?

Je suis français et suis parti faire mes études à HEC Montréal. J’ai effectué mon stage de fin d’études à Santiago au Chili et c’est là que j’ai rencontré la personne qui est aujourd’hui ma femme. Ainsi, je suis revenu après mes études au Chili où j’ai créé mon entreprise : Regalbox.

Quelle est l’activité de RegalBox ?

Nous développons et commercialisons des coffrets cadeaux (nom français), connu au Chili sous le nom de « Gift cards » ou carte cadeau d’expérience. Les cartes cadeaux existaient déjà quand on est arrivé mais pas celles d’expérience (restaurant, spa, hôtel, sport…). On est arrivé au Chili en même temps que deux autres entreprises. Du coup, du jour au lendemain on s’est retrouvé à trois sur le marché. Aujourd’hui on n’est plus que deux mais on est leader de loin.

regalbox chile

Comment as-tu créé ton entreprise à Santiago ? As-tu eu de l’aide de Startup Chile ?

J’ai utilisé 15 milles $ pour lancer mon entreprise en fonds propres. C’était l’argent que ma famille m’avait donné pour faire mon master.

Startup Chile a été lancé 6 mois après que j’eu créé mon entreprise du coup j’ai raté le train… Mais, la première année, Startup Chile était réservé aux étrangers et aux chiliens n’étant pas au Chili pour qu’ils viennent créer leurs entreprises ici. Un an après ils ont ouvert aux chiliens et aux étrangers étant déjà sur le territoire donc on a postulé avec un projet d’expansion en Amérique Latine et on a été sélectionné. Du coup, j’ai reçu de l’aide de l’Etat Chilien mais pas au tout début du projet.

Est-ce compliqué de créer une entreprise au Chili ?

Non c’est très simple. L’espace de co-working dans lequel on avait nos bureaux avait un service pour créer l’entreprise en 3 semaines. Aujourd’hui c’est encore plus facile qu’en 2010 car on peut créer une entreprise en 1 jour : il y a un simple formulaire en ligne puis il suffit d’aller chez le notaire.

Quelles difficultés as-tu rencontré lors de la création de l’entreprise ?

Là où j’ai eu le plus de difficultés c’est avec les banques, pour ouvrir un compte. Premièrement, parce que j’étais étranger et que je n’avais pas la résidence définitive ici. Et, deuxièmement, car l’entreprise n’avait pas de chiffres d’affaire. J’ai finalement réussit grâce à une lettre de recommendation de mon beau-père qui était un bon client de la banque. J’ai donc pu ouvrir un compte en échange de mettre un fonds en garantie placé sur un compte et de ne pas y toucher.

Opérez-vous dans d’autres pays en Amérique Latine suite à votre participation à Startup Chile ?

On a développé des produits pour le Pérou et la Colombie mais malheureusement on a échoué au niveau de la commercialisation. On a fait plusieurs erreurs.

Au Pérou, on était trop en avance sur le marché. Ils ne connaissaient pas les cartes cadeaux et on avait pas la capacité de communication suffisante. Donc on a eu un problème pour faire comprendre le concept. De plus, le pouvoir d’achat est beaucoup plus faible qu’au Chili. On a donc fermé le bureau.

En Colombie, on avait un concurrent très fort et on a fait des erreurs. Au Chili c’est le client qui s’occupe de réserver son activité et il n’y a pas de problèmes. Là-bas, quand le client appelait le prestataire de service celui-ci lui disait qu’il ne connaissait pas RegalBox… alors que forcément on avait des contrats avec eux. Du coup, on a beaucoup perdu en image. Il faillait que l’on fasse nous-même la réservation mais les catalogues étaient déjà imprimés avec les indications de réservation précédentes etc. On a donc finit par fermer le bureau aussi car on était pas rentable.

Est-ce facile de s’implanter dans d’autres pays d’Amérique du Sud depuis le Chili ?

Non ce n’est pas facile, il n’y a pas d’accords pour faciliter les implantations etc. Par exemple, on était obligé de faire une « initiation de l’activité » pour pouvoir ouvrir un compte en banque, pour pouvoir facturer etc.

De plus, faire un transfert d’argent entre les différents pays coûte très cher. Donc obligation d’y ouvrir un compte bancaire mais pour la même raison qu’au Chili c’était très difficile ce qui fait qu’en Colombie on n’a jamais réussit à en ouvrir un !

Comment a évolué l’écosystème entrepreneurial / startup du Chili ces dernières années ?

Il y a eu un gros changement ces 5 dernières années. C’est en croissance exponentielle depuis que Startup Chile a commencé son programme. C’est vrai que la majorité repartent… Mais malgré tout, il y a toujours un flux constant qui arrive ce qui permet d’animer l’écosystème et de créer des événements autour. De plus, il y a quand même qui restent ce qui paye pour tous ceux qui partent. D’autant plus que ceux qui partent gardent des liens avec des entrepreneurs locaux.

Par ailleurs, de plus en plus, chose qui n’existait pas auparavant, des entrepreneurs chiliens commencent par le marché américain par exemple. Ils font parler d’eux sur TechCrunch et autres avant qu’on ne les connaisse au Chili.

Par contre, on manque encore de fonds privés ! Pour le moment c’est des fonds publics qui permettent de financer le début de la création de l’entreprise mais pour les investissement de 100 000$ à 500 000$ il y a un gros manque !

Quels sont les plus gros événements ?

Il y a le demo day de startup Chile – qui présente les projets des startups sélectionnées – et aussi le « asado emprendedor » organisé par 3M qui regroupent beaucoup de monde et presque tous les entrepreneurs de la région.

Est-ce difficile de recruter des personnes qualifiés ? Y-a-t-il de bonnes formations ?

Oui, déjà les universités sont très chers ici et c’est un peu la « jungle ». La qualité des universités varie fortement. Il y a 3-4 bonnes universités qui sont forcément les plus difficiles à avoir. Par ailleurs, il y a un très gros manque de développeurs dans le pays. Du coup j’ai travaillé avec des indiens, des argentins et des mexicains !

Merci.

A bientôt,

Article written by

Etudiant en année de césure. Passionné par le web, les nouvelles technologies, l'entrepreneuriat et les voyages !

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